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mardi 15 septembre 2009

Inconstance

De ce blanc flamboiement l'immuable accalmie
T'a fait dire, attristée, ô mes baisers peureux
Tristesse d'été
Stéphane Mallarmé


De ce blanc flamboiement l'immuable accalmie
T'a fait dire, attristée, ô mes baisers peureux
Dans ce noir sévère la peur crie l’épilepsie
Qui te rend la lucidité face à ses yeux

Palpitation de semence cardiaque
Où pousse mon insalubrité cérébrale
Vient de mon comportement dionysiaque
Longue perpétuité de sentiment sale

Les lourdes plumes sur tes épaules
Ne cessent de se fracasser contre le saule
Symbiose de blessure rayonnante
Vols à l’abri de toute constance

Doux pansement émergeant sur mon épiderme
Douce floraison
Aigre émancipation
Aigre infini qui vient à son terme

lundi 14 septembre 2009

Pour une musique que l'on saisit avec les yeux

J’ai vu le bleu descendre en gouttes sur la corde de la, s’oxyder

Et encore tous ces accords qui aggripaient les cables en leur

infusant du jaune, du vert, du orange et encore du jaune

Et sur le clavier plein de taches quand il s’est levé


J’ai vu mes haut-parleurs se liquéfier à l’écoute d’une musique

impressionniste

Non, ne me parlez pas en petites boîtes faites d’une mémoire non-opérante

Laissez les couleurs à leurs formes primitives, rondes ou carrées


(Les notes sont une fréquence qu’on calcule bien lorsqu’on y tente plus qu’un organe)


Aussi,

je rêve de concerts où il n’y a personne sur la scène et où

pourtant

on se frotte les yeux


Je le crois,

Les iris incandescent sont à ceux d’aujourd’hui qui sauront vivre

dans une phénoménolgie absolue.


La couleur est le clavier, les yeux sont les marteaux et

l’âme est le piano avec les cordes.

Wassily Kandisky

lundi 7 septembre 2009

La fuite

«écoute l'architecture un peu partout
les impulsions qui culbutent les allures qui franchissent l'intangible»

François Charron



on m'a déjà dit que la fuite
c'est une question de départ
je n'y crois plus

c'est plutôt une affaire de poésie
de musique aussi :
on écoute, on entend
on bouge surtout

une chose est sûre :
il n'y a pas de frontières à traverser
pas plus que d'étages à monter
ou encore à redescendre

mercredi 2 septembre 2009

Incandescence des matinées froides

« Portrait au rallongé de nos âmes
Parlerons-nous à cœur fermé
et ce cœur sur le pied ?
Où jouerons-nous toute la nuit à la main froide ? »
Robert Desnos, Langage cuit (1923)

Combustions zygomatiques
D'un vrai visage épeurant
Où les commissures sont des gouttières sans fond

Déjà, la face brillait autrement
L'ampoule a explosé, emportant dans son ascension
Ce qui persiste de nos lustres

Les fils dès lors à l'air ambiant
Pour chaque jour de la semaine
Une chute qui n'en finit plus de s'abîmer

Calfeutrés derrière nos lucarnes
Pendant que la buée fixe les pattes
Des meubles en aparté
Nos vertèbres s'humectent
Et les épines s'imprègnent d'une pudeur
Qui nous recouvre toujours plus loin