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vendredi 6 novembre 2009

Nous androïdes existons

Nous androïdes existons avant d’être
Branchés sur du quatre cent vingt watts
C’est la mécanique du robot labourable

Ce n’est pas du métal qu’il faut réclamer
L’inconsistance de la peau froide
Pas non plus des automatismes
Qu’il faut refuser la vérité du mouvement

Car le soudage dans nos armatures
N’est qu’une preuve du dépassement
Du progrès que proposent les sarcleuses cosmiques
Rendant désuètes les ailes de cire et de plumes

Outre les valeurs sûres du voyage quantique
L’arracheuse électrochimique
La pollinisation interplanétaire
L’alimentation nanotechnologique

Sans toi je n’irai pas ailleurs
Qu’ici dans l’immédiat futuriste
Des robots cueilleurs de panais

Mouvement pour la saison -II-


Photo: Sophie Corbeil

Branches de mercure

Dans l'apanage du froid

Vouz tâtez le temps

Comme le coeur des gens lorsqu'il se contracte

Sur le pas de la porte

Aux poignants sous-zéro

Aux mois de février


L'hiver est un bleu sur le corps de bien des gens

Je reviens sur chaleur qu'il y a dans le noroît

Simplement

Ces branches sur ce décor

Comme une fenêtre

Et son carrelage qui range les choses


Je me promets de sortir de la maison

Quand il fera froid.



Mouvement pour la saison

Photo : Sophie Corbeil

L'automne est une gare

Où chaque arbre est un quai

Les destinations poussent l'une sur l'autre

Les branches qui portent ses vent plient

Et laissent un peu à la terre

Des pas qui s'estompent et de feuilles écrites



Comme l'automne est la saison de toutes les arrivées

De tous les départs

Mais surtout une somme de deux

Je te le demande, marchons pour voir ce qui suit



Les mouvements se fondent

En un train d'indigènes

Plumes au vent

Plumes au sol

Qui courent

Sur le pont des secondes

Et qui jouent de leurs ombres

Sur les troncs

Qui les reçoivent comme des marques

Des cicatrices qui passent sans rester



Le flou des choses est beau

À nous fondre dans toutes ses couleurs

Je vois une fois de plus

Les nomades comme le peuple arrêté et serein

Comme la ligne dans toutes les lignées



Les destinations sont un voile entre toi et moi

Et c'est pourquoi, si tu le permets

Je t'emmène qu quai des nomades.