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jeudi 14 janvier 2010

Chronique

14 Janvier 2010

«L'amour, trésor du patrimoine humain, bijou dont l'inestimable valeur n'est altérée ni par sa profusion chez les uns ni par la popularité de son antagonisme chez les autres...»

Arrêtez, vous allez me faire dégobiller.
L'«amour». Non mais, il y vraiment quelqu'un qui y croit à ce truc? Allez, levez la main, si vous n'avez pas honte.
D'abord, parmi les mains les mains levées, j'estimerai que la moitié du lot (moitié où figurent principalement les protagonistes féminins) prétend adhérer à cette croyance ridicule par intérêt personnel : avantages matrimoniaux, entraves aux bonnes mœurs excusées, mégalomanie, clôture immédiate de discussions indésirables, domination physique, tout le panorama de la perversité égocentrique.
Parmi les autres qui gardent toujours leurs jolies extensions digitales en l'air (ces petites merveilles qui font, elles, bien partie de la richesse patrimoniale des hommes, comme d'ailleurs toutes les prouesses d'évolution qui le constituent), on trouvera une part de naïfs (plutôt masculine), une part de romantiques (sujet traité dans la chronique précédente), des inclassables, des opinions aléatoires, bref des minorités négligeables.

Encore une chose. L'immense méprise, c'est aussi de croire en une sublimation naturelle inhérente à l'humain. Voyez? Le rut animal : répugnant, affreusement dégradant (d'un point de vue citadin, s'entend), prosaïque... Maintenant, l'«amour» entre «homme» et «femme» : élevé, raffiné, estimable ; une exception dans le règne animal, quelle chance! (Et si par hasard la terre serait VRAIMENT au centre de l'univers?)
Je ne me permettrai jamais une telle prétention que de dire «Je t'aime».

jeudi 24 décembre 2009

Chronique

24 décembre 2009

Il fait bon être triste à deux,
Et gai en solitaire...

C'est le contraire.

Habituellement, mais ruminons :
Une peine vraiment partagée, une peine épandue par osmose dans deux corps juxtaposés nonchalamment est des plus délectable pour les individus qu'elle pénètre. Ils doivent bien sûr avoir la sagesse de l'appréhender comme il faut : c'est une nécéssité hygiénique, ou cyclique, ou historique, ou psychanalytique, ou comme on voudra, et il suffit de l'accueillir comme telle en soi. On raillera, avec raison, la prétendue profondeur que la tristesse permettrait d'atteindre, telle une foreuse en spirale portative. C'est un mythe, une absurdité, une rouerie des romantiques, d'ailleurs je brûle à l'instant les oeuvres complètes de Goethe et de Chateaubriand. Et la bible en passant. C'est cela, c'est bien pieux de prospecter le territoire humain avec la sonde charlatanesque du malheur (vous savez, l'espèce de détecteur de trésor qu'on loue sur les plages, la même salade), c'est même un peu chrétien. Voilà bien la raison définitive d'y renoncer.